Articles et documents

AVIS AU LECTEUR

 

Sous cette rubrique, vous trouverez des documents très variées inspirés par des situations d'aprentissage vécues, ou nés de l'analyse concrète des manières d'accompagner les élèves dans leurs démarches d'apprentissage.

Ne cherchez dans ces articles aucune prétention à imposer un point de vue, quel qu'il soit.

Rien d'autre en vérité que des réflexions toujours animées par cette seule certitude qui mérite véritablement d'être professée et affirmée, à savoir qu'en matière de pédagogie et d'aide aux apprenants, la vérité se trouve certainement plus du côté de l'éclectisme que du côté du dogmatisme...Ce qui est une autre manière de dire qu'en la matière, la seule certitude est que rien n'est définitivement certain...

Désolé, ma vérité ne vaut pas plus que la vôtre, et tant mieux sans doute...

 

Le premier article : "je veux faire seule...mais tu m'aides" est le compte rendu d'une expérience concrète d'accompagnement très caractéristique analysée à la lumière de l'éclairage de la psychologie de Vygotsky. Le lecteur y trouvera la situation la plus emblématique qui soit de tout accompagnant qui se trouve précisément en situation d'oeuvrer dans "la zone proximale de développement" de l'enfant qu'il aide.

Ce premier article n'est pas complètement achevé. il y manque un shéma destiné à mettre en évidence le parcours d'un apprenant entre une dépendance et une hétéronomie totale et la véritable autonomie en passant par un temps d'autonomisation en construction. Ce schéma reste à réaliser.

 

Le deuxième article : "l'accompagnement, remède ou poison" ? ouvre la réflexion sur une remise en question de cet accompagnement qui peut être inutile, voire nuisible dans certains cas. Mais rassurez-vous ! bien voir les écueils n'a jamais empêché de naviguer...

 

L'ACCOMPAGNEMENT : REMEDE OU POISON ?

 

Il y a, dans la langue grecque, un mot qui surprend beaucoup, il s'agit du mot "pharmacon" qui a, en effet, à la fois le sens de "remède" ou "médicament",et en ce sens, il est à l'origine de notre mot "pharmacie", mais aussi le sens de "poison".

Etrange, n'est-ce pas ?

On pense ici inévitablement à la fable d'Esope selon qui la langue est à la fois la meilleure et la pire des choses.

Faudrait-il dire la même chose de l'accompagnement scolaire ? Peut-être pas tout de même, mais je voudrais attirer ici l'attention des accompagnants (et des parents eux-mêmes) sur le fait que la séance d'accompagnement peut, si on n'y prend garde, littéralement "empoisonner" la scolarité des enfants !

 

Un accompagnement, pas une école bis !

 

J'ai le souvenir d'une mère de famille qui racontait fièrement à la maîtresse d'une de ses filles comment elle avait aménagé,dans les combles de la maison familiale, une véritable salle de classe, en récupérant dans une brocante de vieilles tables d'écoles solidaires de leurs bancs, et en y ajoutant bien sûr un tableau noir (ou vert),quelques vieilles cartes de géographies et peut-être même une estrade...Et cette maman d'ajouter qu'elle imposait chaque jour à tous ses enfants une heure et demie de travail dans cette "ecole bis", elle-même endossant sans vergogne le rôle de super maîtresse.

Caricature, direz-vous ? Oui, je force volontairement le trait pour bien montrer que dans ce domaine, tous les excès peuvent exister.

Plus sérieusement, pensons que le temps scolaire se suffit largement à lui-même : une réforme en cours, celle qu'on a appelée  "réforme des rythmes scolaires" fait d'ailleurs débat à ce sujet en ce moment : la volonté du ministre était précisément d'équilibrer le temps d'apprentissage des enfants, et il serait pour le moins paradoxal qu'un temps d'accompagnement vécu précisément comme trop"scolaire" vienne occuper partiellement le temps libéré par l'allègement de la journée scolaire...

J'ajoute, sans chercher à nourrir la polémique actuelle, que l'intention de la réforme me paraissait tout à fait louable. Que l'empirisme qui préside à sa mise en place, l'absence de moyens suffisants donnés aux municipalités, etc. empêchent cette réforme de répondre à ses intentions généreuses, cela  ne justifie pas, à mon avis, une remise en cause totale. Il y a eu précipitation peut-être,  impréparation sûrement, conséquences imprévues certainement aussi, mais ne jettons pas le bébé avec l'eau du bain...

Laissons au moins les premières expériences en cours donner de vrais résultats et pas seulement des impressions vagues, partielles... et peut-être partiales à ce stade de l'expérience et dans un contexte où les propositions gouvernementales ne sont guères accueillies avec enthousiasme mais subissent au contraire l'inévitable impact de la morosité ambiante...

 

Le choc des pédagogies

 

Le véritable danger n'est pas dans le cadre choisi pour l'accompagnement scolaire, cadre spatial ou temporel, mais bien plutôt dans le choix des pratiques.

En effet, le vrai problème est plutôt celui de la cohérence entre les paratiques pédagogiques des enseignants et celles qui sont préconisées par les professionnels ou bénévoles de l'accompagnement scolaire, et bien entendu par les parents eux-mêmes.

N'allons pas jusqu'à imagner que les parents ou accompagnants pourraient défaire le soir ce qui a été construit le jour par les enseignants. Et pourtant ?

Détruire ce qui a été "construit", c'est bien le mot en effet, car la pédagogie pratiquée majoritairement par les enseignants ajourd'hui, c'est précisément  la pédagogie constructiviste. L'idée dominante en est que l'apprenant ne recoive pas le savoir, mais soit mis en situation de le construire lui-même. Là se situe la véritable spécificité de la pédagogie actuelle. "Chaque fois que j'apprends quelque chose à un enfant, je l'empêche de l'inventer" disait Jean Piaget, le véritable théoricien de ce constructivisme, faisant ainsi écho à Rousseau qui disait au sujet d'Emile, son élève fictif : "qu'il n'apprenne pas la science, qu'il l'invente.."

il est donc essentiel qu'il y ait  cohérence et continuité entre l'école et le péri ou para scolaire. le livre que j'ai écrit en 2011, "parents pédagogue" avait précisément pour but d'aider à cet indispensable dialogue entre enseignants et parents. Les réunions entre enseignants et parents organisées systématiquement dans les écoles sont là pour cela...

 

Autant de manières d'apprendre que d'apprenants...

 

Voilà enfin un troisième risque pour l'accompagnement : exiger de l'enfant qu'il apprenne comme le veut l'adulte qui s'occupe de lui, qu'il soit parent ou accompagnant,  et la tentation est grande pour lui de croire  que la seule manière d'apprendre et de savoir, c'est la sienne.

Erreur regrettable! : "il n'y a de savoir que par les chemins qui y mènent", écrit le pédagogue contemporain Philippe Meirieu. Ce qu'il veut dire par là, c'est qu'il y a autant de manière d'apprendre qu'il y a d'apprenants Dans son ouvrage "Ecole, mode d'emploi" (1986), il consacre quelques pages impressionnantes aux différentes manières concrètes que choisissent des élèves pour apprendre un poème.

Tout accompagnant doit donc connaître cette réalité des "styles cognitifs" ou encore des "stratégies individuelles d'apprentissage".

Là aussi, "parents pédagogues" apporte des éclairages intéressants sur certaines de ces stratégies qui commencent à être bien connues aujourd'hui, en particulier depuis les travaux de Maucice Reuchlin surr "les différences individuelles à l'école".

 

Cet article est téléchargeable ci-dessous.

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